L'exposition “ Regeneration 2010 ”
Cette année, l’exposition prend une ampleur inégalée, avec l’idée de célébrer de manière originale un double anniversaire: les 20 ans de la chute du Mur de Berlin et les 30 ans de la naissance de Solidarnosc, ce premier syndicat libre dans un pays de l’Est, dont l’histoire est intimement liée à celle de la CFDT.
La liberté retrouvée. Pour marquer ces deux dates symboles de la liberté retrouvée, les responsables de l’Espace Belleville ont choisi de s’adresser à de jeunes artistes venus de tous les pays de l’ancien bloc communiste, désormais membres de l’Union européenne, et de les rassembler autour du thème de la liberté. Âgés de 22 à 29 ans, ces onze artistes, dont 4 jeunes femmes, sont nés dans les années 80 au cœur des révolutions qui ont définitivement bouleversé les cartes politiques de l’espace européen.
Philipp Sladkowski, 27 ans, est Allemand, né en ex-RDA ; Sebastian Lis, 26 ans, a connu la dictature de Jaruzelski, Radu Oreian, 26 ans, celle de Ceausescu ; Loore Emilie Raav, Estonienne de 23 ans, est née en ex-URSS, lorsque les pays baltes faisaient encore partie de l’Union soviétique…
Tous ont donc vécu le retour de la démocratie et la libération artistique qui l’a accompagné. Et quelle libération ! Dans ces pays, la création a été muselée pendant des décennies, passant de la botte du régime nazi au joug communiste. Seul l’art officiel était toléré, la création libre étant le plus souvent jugée «dégénérée». Pour cette nouvelle génération d’artistes, la liberté retrouvée n’est donc pas un vain mot. De cette liberté, d’ailleurs, ils semblent n’être jamais rassasiés. A voir leurs œuvres, surprenantes, audacieuses, délirantes parfois, on ressent que leur créativité n’accepte aucune barrière, aucune frontière qui pourrait les limiter, les contraindre. Ils se jouent des cadres et des supports, et embrassent toute la palette des médiums existants: peinture, sculpture, gravure, installations, vidéo, projections, dessins animés…
Pour ces jeunes artistes, qui n’ont parfois encore jamais exposé hors de leurs pays, cet événement sera à la fois une première artistique, mais aussi une première syndicale. Ayant grandi dans des pays de dictature où «syndicat» rimait avec «parti unique», aucun d’entre eux n’aurait imaginé qu’une organisation syndicale puisse promouvoir la liberté… et, notamment, la liberté de créer. Certains ont d’ailleurs montré quelques réticences à la proposition de la CFDT de venir en France à l’occasion de son congrès.
Un bouillonnement artistique. «En les accueillant, en leur offrant la possibilité de s’exprimer comme ils l’entendent, nous souhaitons montrer qu’il existe différentes conceptions du syndicalisme, et que la nôtre sait faire sa place à la culture et aux artistes, dans le plus total respect de leur liberté. La conquête et la défense de cette liberté sont une priorité absolue», comme l’explique Anousheh Karvar, secrétaire nationale présidente de l’Espace Belleville, responsable de la culture et des libertés publiques à la CFDT. Cette exposition promet d’être riche d’échanges. Elle nous offre aussi la chance de découvrir le bouillonnement artistique à l’œuvre dans ces pays. De quoi en ressortir «régénérés» !
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Deux lieux pour une exposition
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L'exposition en images • Visite guidée en compagnie de Jaques Delors, parrain de l'exposition, François Chérèque et Anousheh Karvar et des artistes lors du vernissage le 17 mai. Voir les films sur la Web-Tv du congrès |
Réalisée avec le parrainage de l’UdK de Berlin (la très réputée école des Beaux-Arts), inaugurée par Jacques Delors et François Chérèque le 17 mai, cette exposition magistrale se tient jusqu’au 25 juin. Comportant une centaine d’œuvres, et pour certaines, de très grande taille, elle est présentée dans deux lieux.
