Les tribunes libres

Mode d'emploi

Durant la période de préparation du congrès, du 1er mars au 4 juin 2010, les organisations CFDT qui le souhaitent peuvent publier des tribunes dans Syndicalisme Hebdo, l'hebdomadaire de la confédération.

Peuvent s'y exprimer, sur les thèmes de leur choix, les syndicats, les Unions territoriales de retraités (UTR), les Unions régionales interprofessionnelles (Uri), les fédérations, l'Union confédérale des retraités (UCR) et l'Union confédérale des cadres (UCC). La même organisation ne peut s'exprimer qu'une seule fois.

Ces tribunes sont classées par ordre chronologique de publication.

 
 
- 03 mai 2010 © CFDT

(Engagés pour un avenir qui conjugue) garanties collectives et responsabilité sociale !

Tribune de la fédération des Services, publiée le 3 juin.

Depuis le congrès de Grenoble en 2006, la CFDT n’a cessé de tenir les deux dimensions d’un engagement que nous avons fait nôtre à la fédération des Services. La modernisation du marché du travail, la convention Unedic portée par la seule CFDT, juste avant que la crise emporte des centaines de milliers d’emplois, sont deux illustrations des garanties obtenues, particulièrement parlantes pour nos professions. Ce ne sont pas les seules, cela vaut la peine simplement de rappeler que, malgré ses succès, la CFDT sait se réinterroger sur ses fondamentaux et, malgré la crise, se donner l’objectif de reconstruire l’avenir avec les salariés. C’est précisément l’absence de tabou et l’exigence de résultats que nous portons collectivement qui font de notre syndicalisme une force de proposition crédible.

Et si certains pensaient que la CFDT aurait du mal à se poser toutes les questions sur l’avenir de nos retraites, à son congrès, c’était mal la connaître. Ce sont peut-être les mêmes d’ailleurs qui croyaient que la CFDT, accompagnée de la CGT cette fois, n’oserait pas refonder les règles de la représentativité et abandonner un décret de 1966 au profit de l’audience électorale. Ce sont sûrement aussi ceux qui regardent la CFDT, étonnés, l’interrogent sur les services qu’elle rend ou devrait rendre aux adhérents, les modes d’organisations qu’elle a ou devrait avoir. Sans nul doute, c’est cette démarche qui a permis au développement de reprendre dès 2007 au niveau de la Confédération et de perdurer sans interruption au niveau de notre fédération.

Pour exiger une autre gouvernance des entreprises, un autre partage de la valeur ajoutée et plus de responsabilité sociale, il faut accepter soi-même de revisiter son action.

C’est ainsi que la transparence financière et l’autonomie fondée sur les cotisations des adhérents sont un atout pour la CFDT. Mais il faut reconnaître que seuls, nous ne pensons pas pouvoir faire avancer suffisamment notre société. Pour refonder le pacte social français et plus largement européen, il nous faudra continuer à progresser dans notre coopération avec les autres acteurs de la vie sociale. Notre capacité à faire de nos différences une source de synthèse, à l’occasion de ce congrès, sera une étape indispensable pour réaliser cet exercice de collaboration et d’action avec d’autres, en France mais aussi en Europe.

À l’heure où les politiques de rigueur fleurissent dans différents États de l’Union européenne, il y a tout lieu d’être inquiet pour l’avenir d’un modèle social européen qui se voulait le fer de lance d’un nouveau mode de développement socialement et écologiquement responsable. Cette dynamique est pourtant la seule à pouvoir permettre à l’humanité de se construire un avenir commun. Aussi, loin de renoncer, nous serons de ceux qui continueront, malgré l’adversité, nous avons l’ambition de conjuguer garanties collectives et responsabilité sociale !

 
 
- 06 juin 2010 © CFDT

Ancrer nos débats dans la réalité

Tribune de l'Union régionale interprofessionnelle de Bretagne, publiée le 3 juin.

Réajuster les règles
Tirer les leçons de la crise, instaurer aux niveaux mondial et européen, les régulations indispensables pour mettre fin aux dérives des systèmes économiques et financiers, aller vers un modèle de développement qui prépare et accompagne les salariés à l’indispensable intégration des impératifs environnementaux, redéfinir les modes de gouvernance des entreprises en ajoutant des critères sociaux et environnementaux aux seuls indicateurs de rentabilité financière immédiate, avec un nouveau rôle pour les représentants du personnel et une revitalisation de la négociation collective sur tous les champs qui concernent les salariés : nous partageons ces objectifs. Proposés aux débats de notre congrès, ils sont de nature à donner des perspectives positives à des salariés qui doutent aujourd’hui de l’avenir, confrontés qu’ils sont aux incertitudes d’un monde en évolution rapide et permanente.

Partir des réalités
Les équipes CFDT, qui affrontent en permanence ces problèmes, ne se résignent pas. Lors de notre conseil régional de mars ou lors de rencontres avec des secrétaires nationaux, elles nous ont montré comment partout l’action syndicale pèse sur la réalité et améliore la situation des salariés. Que ce soit dans l’électronique, les centres d’appels, la sous-traitance automobile, les secteurs des services à la personne, de la psychiatrie ou les collectivités territoriales, leurs témoignages illustrent comment l’action syndicale quotidienne, organisée, apporte des résultats concrets aux salariés.
Nos sections défendent l’emploi, réduisent la précarité, agissent contre la dégradation des conditions de travail, soutiennent les adhérents dans leurs démarches d’évolution professionnelle. C’est dans ces réalités que nous devons ancrer les débats du congrès. La nécessité de redonner du sens au travail, de permettre à chaque salarié de construire sa carrière et d’être accompagné tout au long de son parcours professionnel, le défi particulier que représente l’insertion des jeunes, doivent être au cœur de nos réflexions.

Changer pour gagner
Nous savons que le syndicalisme CFDT doit être plus visible, plus proche des attentes des salariés. C’est la section syndicale qui est au cœur de cette relation privilégiée. Chaque salarié doit pouvoir identifier et rencontrer la CFDT sur son lieu de travail. Pour cela, il faut développer les pratiques de mutualisation, expérimenter les fonctionnements en réseau, pour répondre à l’éclatement des entreprises, à la diversité des situations des salariés. Tout cela fera aussi l’objet de nos débats. Poursuivre le renforcement de nos syndicats, ne doit pas nous exonérer de mettre en place des réponses nouvelles adaptées à la diversité des situations des salariés et des entreprises. Nous devons agir ensemble à partir d’une responsabilité partagée, de rôles identifiés et complémentaires pro/interpro, tel que nous l’avons expérimenté avec notre dispositif régional “agir face à la crise”.

Nous y parviendrons si nous savons nous appuyer sur les réussites, le dynamisme et l’imagination des équipes CFDT, et renforcer la qualité du soutien que leur apporte l’organisation.

 
 
- 03 juin 2010 © CFDT

Tous nos adhérents ne sont pas égaux en droits

Tribune du Syndicat Interco 44, publiée le 27 mai.

Hier, un de nos adhérents a démissionné. Fait banal… s’il ne s’agissait d’un adhérent aveugle qui, depuis plusieurs années déjà, se plaignait de n’avoir pas suffisamment d’informations CFDT à sa disposition. Interrogée à plusieurs reprises, la Confédération n’a jamais donné suite. Pourtant, la CFDT lutte contre toutes les discriminations, elle veut « que les travailleurs en situation de handicap trouvent pleinement leur place dans les entreprises » (lire l’article 2.1.8.3 du Projet de résolution). Les adhérents aveugles trouveront-ils leur place à la CFDT ? Quand et comment le PRE leur sera-t-il accessible ? S’il y a bien un service confédéral à développer de façon urgente, n’est-ce pas celui-là ?

Il y a aussi les salariés qui nous arrivent avec leur gros problème et qui voudraient bien adhérer pour qu’on les défende. Ces adhérents-là, les rétroadhérents, n’ont pas le droit à la même défense juridique que les autres, ceux qui ont adhéré pour nos « valeurs » ou d’autres motifs sans doute plus nobles ? La Cnas ne prendra pas en charge leurs frais d’avocat, et tant pis s’ils relèvent d’un syndicat qui n’a pas de défenseur juridique. Mais, au fait, combien de syndicats CFDT ont un défenseur syndical agréé ? Nous n’avons pas obtenu de réponse à cette question.

Et malheur aux « vrais adhérents » si le « fait générateur qui motive l’action juridique » est survenu moins de six mois après leur adhésion, et tant pis s’il s’est écoulé du temps entre le fait générateur et l’action contentieuse, tant pis s’ils sont adhérents depuis déjà plusieurs mois, voire plusieurs années : ils n’auront pas plus d’aide de la Cnas que les rétroadhérents.

Notre syndicat, dépourvu de défenseur syndical agréé, a ainsi dû prendre à sa charge la défense de deux personnes dont il a accepté l’adhésion en toute connaissance de cause (un salarié devenu invalide, qui n’arrivait pas à obtenir de rente du contrat de groupe de son ex-entreprise, et l’employée d’une très petite entreprise en butte à un patron voyou). Il nous a semblé qu’il y avait là combats à mener pour le respect des droits des plus faibles, nécessaire solidarité à mettre en œuvre concrètement. N’est-ce pas ce que défend la CFDT ? Alors, pourquoi avons-nous dû mener ces dossiers sans le concours de la Cnas ?

Autre inégalité bien connue : celle entre adhérents imposables et non imposables. Certes, le Projet de résolution souhaite que l’abattement fiscal lié à la cotisation syndicale soit transformé en crédit d’impôt, mais ne parle pas de notre action pour y parvenir. Nous avions pourtant déposé un amendement en ce sens ; il a été refusé.

Le congrès de Tours va parler de nouveaux services à offrir aux adhérents CFDT. Très bien. Mais il nous paraît au moins aussi utile de revisiter les services que nous disons offrir, et qui sont en fait peu ou mal dispensés. En aurons-nous l’occasion ?

 
 
- 27 mai 2010 © CFDT

Retraites, osons ouvrir l’avenir

Tribune de l'Union territoriale des retraités des Bouches-du-Rhône, publiée le 27 mai.

La CFDT avait inscrit à son plan de travail une « remise à plat » du système de retraites. L’expression figure toujours dans le texte du Projet de résolution, mais sans qu’elle reçoive un sens précis. L’on pouvait espérer une remise en cause d’un système illisible et injuste, elle est esquissée ; mais elle ne prend pas corps parce qu’elle ne va pas jusqu’à ce qui constituerait une véritable reconstruction du système de retraites : un système unique et universel où chaque période de travail, dans quelque entreprise que ce soit, ouvre des droits selon des règles identiques.

Il peut paraître prématuré d’oser songer à un objectif aussi radical. Mais une résolution de Congrès n’est-elle pas faite pour ouvrir largement les perspectives ?

Certes, le Projet de résolution avance, avec beaucoup de prudence, qu’« il est utile de réfléchir aux conditions d’unification des régimes des salariés des secteurs public et privé ainsi qu’aux contreparties associées » [lire l’article 2.1.8.3 du Projet de résolution]. Mais on eût aimé un engagement explicite : aucun salarié ne doit avoir à perdre dans la nécessaire unification des régimes, à commencer par les salariés du secteur public.

La difficulté de la tâche ne nous échappe pas. C’est une raison supplémentaire pour fixer, dès aujourd’hui, l’objectif ambitieux du régime universel, et de travailler sur les exigences de justice et d’équité liées à sa mise en place.

L’avenir des retraites, c’est l’avenir de retraités de plus en plus nombreux. La CFDT a bien raison de proclamer que ce n’est pas un problème comptable mais un fait majeur de société, dont il faut débattre avec l’ensemble de la société. Il eût été néanmoins utile que la résolution du Congrès ainsi que les interventions publiques explicitent les éléments de ce débat, pour fonder notre revendication de voir les retraites cesser de baisser. Il eût été utile de proclamer que des retraités nombreux ne sont pas une charge mais une chance pour la société ; qu’ils contribuent d’une façon importante à la vie économique et sociale du pays ; que ce sont des citoyens à part entière. C’est pourquoi la Nation doit leur garantir les ressources qui leur permettront de contribuer pleinement à la vie sociale, et d’exercer leurs droits et devoirs de citoyens.

Il semble donc normal que, pour répondre à cette obligation, le financement des retraites repose sur une base élargie. Cet élargissement doit, certes, commencer par une redistribution des richesses produites plus favorable aux salaires, et donc, par le jeu de la répartition, aux retraites. Mais d’autres sources de financement devront être mises à contribution.

Se fixer aujourd’hui comme objectifs le régime unique et un financement élargi, c’est défendre aujourd’hui les intérêts des retraités de demain.

 
 
- 27 mai 2010 © CFDT

Acteurs d'une sortie de crise, autrement

Tribune de l'Union confédérale des cadres, publiée le 13 mai 2010.

Les enseignements de la crise n’ont pas été tirés : spéculation sur les places boursières, démesures des rémunérations de dirigeants de grandes entreprises, distribution de bonus qui repart de plus belle. Ce qui fait dire à de nombreux citoyens que «rien n’a changé, c’est reparti comme avant».

La formule “sortie de crise”, ressentie comme une injure par ceux qui ne s’en sortent pas, renvoie à une seule amélioration de la situation économique, mais en aucun cas à une sortie “autrement” de la crise avec de nouvelles règles du jeu (lire la revue Cadres n°438 “Crises”).

Dérives de toute nature, dépassements de ligne jaune, tous les décideurs ne pourront pas dire qu’ils ne savaientpas. Entre ignorance, inconscience ou prise de risques en toute connaissance de cause, cette crise est aussi celle de la responsabilité.

Les cadres,les managers, partout dans le monde, sont en première ligne dans les situations de tension, de dilemme professionnel lorsqu’ils sont témoins de ces dérives. Jamais la distance avec les directions d’entreprise n’a été aussi grande. Lorsque l’injonction de faire percute une éthique personnelle, des valeurs, y compris pour les managers adhérents à la CFDT et porteurs de nos propres valeurs,de quelle liberté d’expression, de quel droit de retrait, de refus ou d’alerte, de quelles marges de manoeuvre disposent-ils ?

La prévention des risques passe par la négociation collective des dispositifs d’accueil etde traitement des alertes professionnelles, en s’appuyant sur les droits existants et la légitimité des IRP(institutions représentative du personnel). Notre engagement dans le syndicalisme international – au sein de UNI Global Union (création d’un code d’éthique et de responsabilité des professionnels etmanagers fixant dix conditions d’exercice de la responsabilité) et d’Eurocadres pour un management européen responsable – participe de la même volonté de prévenir les risques de toute nature.

Les salariés ne demandent rien d’autre que redevenir acteurs, là où la gestion les a petità petit dépossédés de leurs marges de manoeuvre, de leurs leviers d’action, rien d’autre que retrouver des perspectives, un après demain qui fasse sens, qui éclaire l’horizon, rien d’autre que s’épanouir dans leur travail et que soient réunies les conditions d’exercice de leur responsabilité professionnelle prenant mieux en compte la finalité économique et sociale, les enjeux d’un développement durable. Ils ne demandent pas mieux, dans leur responsabilité d’experts, de managers ou d’encadrement d’équipes, que de créer les conditions, pour leur équipe, d’un mieux-être au travail.

Les entreprises et administrations ne peuvent rester sourdes à ces demandes. Le syndicalisme ne peut non plus les ignorer. Pour que l’on puisse demain entendre autour de nous des salariés nous dire : «Effectivement, ce n’est plus comme avant.» Et encore mieux, ajouter : «Et j’y suis un peu pour quelque chose.» Quelle formidable perspective !

 
 
- 13 mai 2010 © CFDT

La sécurisation des parcours “militants” : un enjeu crucial pour l’avenir de la CFDT !

Tribune du Syndicat national Livre-Édition, publiée le 13 mai.

Développer une CFDT plus proche des salariés, objectif que nous partageons tous, suppose de construire une CFDT plus proche de ses militants. Car qui sont les militants ? Ce sont des salariés qui s’engagent au service de l’intérêt collectif… souvent au détriment de leur parcours professionnel, dans le secteur privé particulièrement. C’est pourquoi les militants ont, pour beaucoup, leur carrière professionnelle derrière eux et les jeunes adhérents hésitent à franchir le pas. Dans les entreprises,l’un des grands freins à l’engagement est le frein à l’évolution professionnelle. Fait révélateur, la difficulté que l’on rencontre parfois à trouver des candidats aux élections professionnelles là où la CFDT ne manque pas d’adhérents. L’équilibre entre vie professionnelle et vie militante est donc un objectif essentiel, car un militant doit garder son ancrage professionnel pour garder sa crédibilité syndicale dans l’entreprise – et c’est vital pour gagner la bataille de la représentativité.Cela passe par une reconnaissance du fait syndical,de la compétence et de la mission des militants par les entreprises, mais aussi par des mesures d’aménagement de la charge de travail, des fonctions et des postes permettant une continuité entre vie professionnelle et vie militante :voilà une des conditions du renouvellement des forces CFDT dans les entreprises.

De la même façon, un militant “détaché” au service de l’organisation doit pouvoir retourner à la vie professionnelle sans se retrouver prisonnier de son choix.Trop souvent, le détachement équivaut à un voyage sans retour qui finit par engendrer démotivation et frustration. La faute aux entreprises, certes, toujours contentes de se débarrasser des syndicalistes CFDT mais peu enclines à les reclasser après plusieurs années de détachement. La faute aussi à notre organisation,qui n’accompagne pas ou insuffisamment celles et ceux qui la servent. La négociation de détachements à temps partiel ou à durée déterminée accompagnés de solides garanties de retour, la mise en oeuvre d’une véritable gestion des ressources militantes: voilà un chantier prioritaire, pour que nos permanents ne soient pas progressivement, par la force des choses, déconnectés du monde réel.

C’est aussi une condition du renouvellement des “responsables”,qui ne se réduitpas aux seules questions de l’âge et de la féminisation. À quand une politique des responsables plus en phase avec la sociologie du monde du travail et, même,de notre implantation syndicale ? À quand des responsables issus du privé, issus des TPE et PME ? Nous devons également nous poser la question de la limitation de la durée des mandats dans nos organisations, qui va de pair avec une plus grande fluidité des passages entre vie professionnelle et vie militante. Vaste défi, nous le savons, qui conditionne le syndicalisme CFDT que nous voulons demain et exige que l’on mette en place, sans tarder, la sécurisation des parcours militants.

 
 
- 13 mai 2010 © CFDT

Inventons une société plus juste

Tribune de la Fédération chimie-énergie, publiée le 27 avril.

La société, le monde du travail, l’entreprise connaissent de profondes mutations qui se sont amplifiées ces dernières décennies. La mondialisation de l’économie, la financiarisation des entreprises, l’utilisation de nouvelles technologies pèsent de plus en plus sur le quotidien des salariés. Les politiques de rentabilité financière poussées à l’extrême, la réduction maximale des coûts de production, l’intensification du travail et une organisation du travail non repensée ont fortement dégradé les conditions de travail. Si l’on y ajoute les nouvelles politiques managériales et salariales, cela conduit aujourd’hui à un malaise profond du salariat, jusqu’au mal-être dans l’entreprise.

Pour répondre aux attentes et aux besoins des salariés dans un tel contexte, c’est bien de manière globale – sur l’ensemble de la vie professionnelle et des différents temps qui la composent – que nous devons agir. Parlons des temps qui rythment notre vie quotidienne dans l’entreprise et hors d’elle. Parlons du travail, de son organisation, de ses conditions de réalisation et des passerelles que nous pourrions jeter entre l’entreprise et des composantes de la société civile. Parlons de concilier la place de l’individu dans le collectif, avec ses différents projets de vie. Parlons des synergies à construire entre les différentes générations. Essayons d’avoir une vision d’ensemble des enjeux et activons des leviers dans une approche systémique afin de faire jouer des interactions à tous les niveaux. Redonner du sens au travail, c’est favoriser le bien-être au travail, améliorer la productivité des entreprises et la qualité du travail.

Cette démarche impose un syndicalisme de proximité dans tous les lieux de travail. Mettre le salarié au cœur de notre action et de l’entreprise en est la condition. Nous voulons devenir un syndicat qui conjugue une forte représentativité dans les secteurs public et privé, avec une nette croissance du nombre des adhésions. Le contact et l’interactivité avec le salarié deviennent une exigence impérieuse.

Menons une réflexion sur les mutations en cours et à venir concernant le travail et l’emploi, recherchons des solutions pour que le plein emploi ne soit plus un horizon mais un objectif atteignable. Repensons des systèmes redistributifs qui font vivre la solidarité nationale et nos systèmes de protection sociale, dans un contexte de croissance qui permette de dégager du pouvoir d’achat pour les ménages et de respecter l’environnement. Les équilibres entre les différents éléments sont fragiles et dépendants les uns des autres.

Intervenons dans ce cercle vertueux. Passons un contrat entre les citoyens, les salariés, les entreprises, les syndicats, les institutions, les associations et les décideurs politiques et gouvernementaux pour esquisser les contours d’un monde plus juste et plus équitable, prenant en compte sa complexité, sa diversité et ses évolutions. Alors, inventons demain ensemble.

 
 
- 28 avril 2010 © CFDT

Enjeux éducatifs, enjeux sociaux

Tribune de la Fédération des syndicats généraux de l’Éducation nationale (Sgen), publiée le 27 avril.

Pour la CFDT, le congrès de Tours est un rendez-vous important, et la fédération des Sgen s’inscrit parfaitement dans les problématiques dominantes des débats : emploi, conditions de travail, parcours professionnels, retraites… Plus que jamais, les salariés de l’Éducation et de la Recherche publique, fonctionnaires, contractuels et vacataires – comme tous les salariés de la fonction publique – connaissent les mêmes difficultés au travail, les mêmes interrogations sur le sens de leurs activités, réclament d’être reconnus et respectés.

La fédération des Sgen partage aussi le questionnement sur le lien entre adhérents, militants et salariés, sur les conditions à mettre en œuvre pour assurer le développement et la présence de la CFDT dans le cadre des nouvelles règles du dialogue social qui s’appliqueront également dans la fonction publique, même si elles doivent prendre des formes différentes.

Plus que jamais, le choix pourtant majoritaire sur notre champ professionnel de l’isolement du syndicalisme dans la forteresse Éducation nationale montre ses limites. Ce constat est partagé aujourd’hui par d’autres organisations syndicales de notre champ professionnel. À partir de ce constat, dans le respect des histoires et des caractéristiques de chacun, nous bâtissons déjà les coopérations que la résolution du congrès encourage.

Ces coopérations sont engagées en priorité avec les organisations syndicales se revendiquant réformistes et qui partagent notre volonté de transformer l’école.

Les professionnels de l’Éducation – dont les conditions de travail sont directement impactées par les missions que la société fixe à son école – ne peuvent ignorer que les enjeux scolaires sont avant tout des enjeux sociaux.

Nous devons agir avec la Fep et toute la Confédération contre la reproduction des inégalités ; contre l’échec scolaire et la sortie du système éducatif sans qualification ; pour que l’objectif de maîtrise d’un socle commun de connaissances et de compétences permette à tous les futurs adultes de s’inscrire positivement dans une démarche de formation tout au long de la vie ; pour la mise en place d’un système d’orientation qui permette le développement des talents dont notre société aura besoin demain ; pour que l’école devienne un lieu d’épanouissement et d’émancipation des jeunes qui lui sont confiés…

Notre objectif : que le service public d’éducation retrouve sa vocation, au même titre que l’ensemble des services publics : être à la fois un facteur d’équité et de justice, de construction de la démocratie, d’amortisseur de la crise et d’ascenseur social.

C’est donc à ce titre, et au nom des valeurs fondamentales de la CFDT, que le Sgen mène son combat pour la réforme de l’école, et ce en parfaite cohérence avec son objectif d’amélioration des conditions de travail des personnels.

 
 
- 28 avril 2010 © CFDT

Une résolution porteuse d’avenir

Tribune du Syndicat des Assurances CFDT transrégional et île-de-France, publiée le 8 avril.

L’Actif, après avoir fait sien le rapport Grignard, a étudié attentivement l’avant projet de résolution. Oser le changement ! Voilà qui nous va bien, nous qui prônons un syndicalisme réformiste. Le texte nous semble ambitieux et novateur mais ne nous paraît pas aller aussi loin qu’il le pourrait. Réformiste et impatient, la formule a été retenue !

Nous avons hésité : envoyer de nombreux amendements pour préciser nos attentes ou estimer que toutes les portes ouvertes par ce projet étaient celles qui nous amèneraient là ou nous voulions aller, là où nos militants sont déjà : sur le terrain des entreprises, pour les salariés et les adhérents, en lien avec leur syndicat. Nous avons fait le choix de ne poser que deux amendements relatifs aux champs fédéraux, mais cela ne signifie pas que l’ensemble du projet de résolution ne nous interpelle pas. Nous voulons peser sur les grands choix de société, en cela la résolution nous convient parfaitement.

Mais notre responsabilité envers les futures générations va plus loin que ce qui nous est proposé : ouvrons plus large le débat avec les jeunes, arrêtons de les trouver “corpo” et “individualistes”, intégrons-les de façon plus active, faisons vivre le partenariat avec la Cé, entrons dans les écoles, les centres d’apprentissage... Sachons les écouter et, pour ce faire, allons à leur rencontre avant leur entrée en entreprise. Si nous réussissons ce pari, nous assurons l’avenir de la CFDT (et l’assurance, l’Actif connaît !).

Nous aurions pu intervenir sur la partie Retraite car, comme beaucoup, nous en connaissons les enjeux.

Nous sommes aussi demandeurs de plus de “ services aux adhérents ” : mettre en place un accueil sur les questions liées au parcours professionnels, nous ne pouvons qu’être d’accord, mais n’est-ce pas un peu trop limité comme ambition ? Il y a tellement d’autres services à mettre en place, que ce projet n’aborde pas.

Et si nous voulons vraiment oser le changement et faire prendre à notre syndicalisme le bon tournant, il faudrait aller plus loin dans nos réformes internes et nous poser un certain nombre de questions. Les salariés se plaignent de ne pas se retrouver dans les méandres de notre organisation : Ou adhérer ? Auprès de quelle structure ? Même l’adhésion en ligne a ses limites faute de moyens mis en place. Les adhérents, et même les militants, ont parfois des difficultés à identifier le “ bon ” interlocuteur : syndicat, fédération, région, UD…?

Trop de syndicats n’ont pas les moyens d’assumer pleinement leur rôle. Beaucoup de responsables se sont vu confier des mandats sans trop savoir comment les faire vivre, sans moyens en temps, sans “ mode d’emploi ” … Et dès qu’un militant se distingue, il se fait happer par les autres structures : on déshabille Paul pour habiller Pierre ! N’oublions pas le “ service aux syndicats ” si on veut que ça marche.

Mais la CFDT est capable d’innovations, elle l’a prouvé par le passé et nous ne doutons pas que l’avenir est porteur des réformes nécessaires à un fonctionnement au plus près des réalités des salariés et des adhérents.

Si l’Actif est bien dans la même démarche que la Confédération, il sera attentif aux amendements proposés par les syndicats. Il attend surtout avec impatience l’AG de 2012.

Pour paraphraser Nicole (Notat bien sûr !) : voilà ce que nous voulions vous dire !

 
 
- 28 avril 2010 © CFDT

La retraite : un changement de vie… ça se prépare !

Tribune des Unions territoriales de retraités (UTR) : Loire Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Vendée et de l'Union régionale des retraités (URR) des Pays de la Loire, publiée le 1er avril.

Le projet de résolution, page 35 article 2-2-6-2 et page 48 article 3-3-5-8, fait état pour la CFDT de revendiquer un bilan “ potentiel retraite ”, d’une part, et d’organiser un “ bilan projet de vie ” d’autre part.
Pour nos syndicats de retraités de la région, nous sommes tout à fait d’accord sur ces orientations, et nous pensons que ce n’est pas suffisant, nous pouvons faire mieux.
Beaucoup aspirent à la retraite, d’autres redoutent cette “ liberté ”. Le passage de l’activité salariale à la situation de retraité est un changement important dans l’histoire de chacune et chacun d’entre nous :
•    Changement du mode de vie, se lever à une heure non imposée par les horaires de travail.
•    Rupture avec des relations sociales.
•    Vivre différemment avec son conjoint.
•    Pertes de certains repères.
•    Vie familiale modifiée.
•    Sentiments d’oisiveté, de liberté, parfois de ne pas se sentir utile.
•    Apparition des phénomènes de vieillissement.
•    Relations différentes avec les enfants, petits enfants, voisinage.
•    Et quand, salarié, on milite, retraité… c’est un vide ?
•    Etc.

Tout cela se prépare.
Les Retraités CFDT de notre région,  ayant vécu cette situation proposent une session de préparation à  la retraite, au moins deux ans avant la date de départ. Cette session s’adresse aux adhérents futurs retraités, et réalisée en lien avec les Syndicats et les Unions départementales.
Avoir un projet personnel, mais aussi en couple, avec des amis, et aussi faire des choix  militants.
Rester syndiqué.  Eh oui, il y a plein de problèmes liés à la situation de retraité, pour son pouvoir d’achat, l’organisation des soins, les loisirs, la culture, les aides au vieillissement, la mutuelle complémentaire santé, etc.
Ainsi, nous pouvons continuer la vie militante dans la CFDT et dans toute la vie citoyenne, associative sous de multiples formes. Notre engagement dans la CFDT des Retraités constitue une aide précieuse, pour tout le monde salarié ou en retraite.
Concrètement, dans le cadre des services aux adhérents nous proposons la mise en œuvre par la  Confédération d’une formation à la retraite pour tous les adhérents, futurs retraités.
Ces sessions peuvent aussi s’organiser dans le cadre des accords sur le travail des seniors. Et nous, les militants Retraités-CFDT, nous pouvons  apporter notre expérience et notre savoir-faire à l’organisation et tenue de ces sessions… Et aussi donner les raisons pour rester syndiqué à la CFDT et y militer.

 
 
- 28 avril 2010 © CFDT

Notre éco-congrès de Tours va incontestablement marquer la CFDT

Tribune de l'Union régionale interprofessionnelle Provence-Côte-d’Azur, publiée le 26 mars.

La société évolue sans cesse et de plus en plus vite, mais produit toujours son lot d’injustices, de pauvreté, de souffrances, d’urgences. Le syndicalisme doit s’adapter aux changements profonds, aux crises, aux méthodes des différents gouvernements qui se succèdent, pour répondre aux attentes des salariés et des retraités, pour réduire les inégalités, pour exister.

C’est le sens que nous donnons à notre engagement syndical, en prenant pleinement la mesure de l’évolution du travail, veillant à l’intérêt collectif pour préserver l’équilibre du pacte social.

Nos revendications sont, pour certaines, maintenant actées par la loi, elles vont révolutionner le paysage syndical de notre pays et nous remettre en question.

Confirmer la nécessité et les modalités d’évolution de notre organisation, telle que nous l’avons analysée, pour répondre aux besoins des salariés, des adhérents et des militants, voici, pour nous, l’un des grands enjeux, l’un des grands défis, le tournant de ce congrès de Tours.

Les militants CFDT de Paca, comme partout ailleurs, ont retroussé les manches pour atténuer les effets de la crise qui a profondément mis à mal notre industrie lourde, micro-électronique, aéronautique, pétrochimique, et les craintes se portent désormais sur l’emploi de la sous-traitance, dans les services et le secteur du tourisme.

Nos priorités sur l’emploi, les conditions de travail, les salaires, nous portent au plus près des salariés dans l’entreprise.

Les projets que nous défendons pour donner des solutions alternatives au chômage par la formation des salariés, par l’apprentissage et la qualification des jeunes, ou encore par la transmission des savoirs des plus anciens, donnent la visibilité CFDT pour sortir plus forts de la crise.  

Nos actions, soutenues par notre formation syndicale et les moyens de développement alloués aux syndicats, suscitent une dynamique de développement. La stratégie syndicale de notre organisation correspond bien au contexte difficile d’une région qui n’a pas été épargnée par les affres de la finance mondiale, où la CFDT est désormais reconnue par les partenaires sociaux, grâce à la compétence de nos militants dans les instances “ emploi-formation ”, “ santé au travail ”, par le relais de nos syndicats, jusque dans les sections, des positions revendicatives CFDT, par notre travail lors des Grenelle de l’environnement, de l’insertion, ou encore pendant les États généraux de l’industrie.

Notre région est une mosaïque de 5 millions d’habitants avec un taux moyen de pauvreté élevé malgré le troisième PIB du pays. Avec ses 1,6 million salariés, dont 25 % touchent moins de 826 euros par mois, ses richesses du bord de mer exposées sans vergogne, son caractère latin, Paca est une terre de contrastes.

Dans ce contexte, la présence de la CFDT prend toute son importance, portant résolument son projet syndical et ses valeurs de démocratie, d’émancipation, de justice.

 
 
- 28 avril 2010 © CFDT

Plus de solidarité pour moins d’inégalités

Tribune de l'Union confédérale des retraités, publiée le 8 avril.

Les sociétés révèlent leurs valeurs dans les circonstances difficiles. C’est le cas dans le contexte actuel où certaines bases fondatrices de la vie française ont montré leur efficacité. Tout le monde reconnaît que le système de protection sociale français basé sur la solidarité a permis d’atténuer les effets de la crise pour les salariés. Certes il n’a permis d’éviter ni la récession économique ni les fermetures d’entreprises ni la croissance du chômage. Par contre, il en a amoindri les conséquences sur la vie des salariés et des retraités. C’est ce qui a d’ailleurs permis à la consommation intérieure de moins chuter en France que dans d’autres pays.

La relative robustesse du système français de retraite par répartition n’a pas entraîné de chute des revenus des retraités malgré la contraction des recettes des organismes de retraite à cause de la diminution de la masse salariale. Ce ne fut pas le cas là où la capitalisation est prépondérante. Mais cela n’empêche pas le développement progressif de poches de pauvreté, principalement parmi les retraités les plus âgés et parmi les veuves. Cette situation devient une des priorités dans nos revendications. Il n’est pas admissible que la pauvreté croissante de certains continue à côtoyer la richesse accentuée d’autres.

Les transferts sociaux au sein de l’Assurance-maladie concrétisent fortement la solidarité entre les familles aisées et celles qui le sont moins, entre les familles nombreuses et les personnes seules, entre les malades et ceux qui sont en bonne santé. Mais les difficultés dans l’accès aux soins seraient fortement atténuées si, en même temps, ne se développaient pas les carences dans l’organisation du système de soins et les dépassements d’honoraires largement remboursés par certains contrats de complémentarité santé. Les prises en charge financières par des organismes complémentaires à base mutualiste augmentent. Cette évolution est dangereuse car, au sein de ces organismes, la solidarité est plus limitée que dans les régimes de base. Il serait par contre préférable d’augmenter les cotisations des régimes de base plutôt que de laisser se poursuivre le développement des remboursements complémentaires.

Un système public assurant des réponses aux personnes en situation de perte d’autonomie est une nécessité. L’amélioration des réponses solidaires actuelles est une priorité face à l’augmentation du reste à charge qui se développe non seulement pour l’accès aux soins mais pour les réponses aux pertes d’autonomie des personnes âgées.

Les retraités attendent aussi le maintien des services publics sur tout le territoire et une politique du logement où ils trouvent leur place.

Le développement de la solidarité va de pair avec la lutte pour plus de justice et contre les inégalités. Le renforcement des formes collectives de réponses aux besoins devient un impératif de plus en plus urgent. C’est une de nos revendications à venir.

 
 
- 28 avril 2010 © CFDT

Une CFDT proche des salariés, au service des adhérents et des militants

Tribune du Syndicat national des transports urbains, publiée le 26 mars.

Notre champ professionnel est culturellement bien syndicalisé (30% des salariés). Le SNTU, au travers de ses 115 sections,de ses 4 000 adhérents (base 10 cotisations) agit dans un panel très large d’entreprises allant de moins de 50 à plus de 3 000 salariés.

Nous sommes entrés de plain-pied dans le nouveau cadre de représentativité, mesurée dans notre branche par le nombre de délégués du personnel suite à l’accord sur le dialogue social que nous avons construit et signé avec le patronat. Avec 26 % des voix et 10 % de syndiqués, la CFDT est la deuxième organisation.

Nous savons à quel point c’est au quotidien que la représentativité s’obtient dans les entreprises.

Note syndicat national, avec un champ professionnel de branche et un fonctionnement décentralisé accordant aux sections une large autonomie et des moyens, est un facteur d’efficacité et de cohérence revendicative.

Le vote des salariés pour la CFDT se gagne au travers de sections particulièrement structurées, pertinentes, prouvant dans les faits la justesse du choix CFDT.

Pour nos militants la déclinaison de l’action pour gagner ce vote se fait au présent. L’accompagnement, le soutien, les services qu’ils attendent de leur organisation, ils l’exigent de nous dans les plus brefs délais.

Une CFDT à la hauteur de ses ambitions devra se dégager de ses lourdeurs bureaucratiques.

Une CFDT à la hauteur de ses ambitions devra présenter des documents (notamment  financiers)  clairs et compréhensibles des militants.

La Caisse nationale d'action syndicale (Cnas) doit s’inscrire dans ces objectifs et être un des outils pour répondre à ces ambitions, particulièrement dans le soutien à l’action juridique. C’était l’esprit de sa création, certainement pas celui d’en faire une énorme tirelire.

De même la formation, gage de la qualité de nos équipes pour tisser un lien renforcé avec les salariés, doit s’organiser pour répondre avec réactivité aux demandes des militants.

Une CFDT à la hauteur de ses ambitions devra réfléchir à la façon dont elle élabore ses décisions, pour que les militants se les approprient. Elle doit se garder de la tentation d’une démarche visant à faire approuver des décisions déjà prises au plus haut niveau de nos structures.

La lourdeur de l’organisation de nos congrès, figée depuis des décennies, est-elle adaptée à nos ambitions ?

Les équipes du SNTU s’inscrivent pleinement dans l’ambition affichée d’une CFDT proche des salariés, au service des adhérents et des militants. Cette volonté portée depuis la création de notre syndicat, en 1995, nous a permis d’enregistrer une progression constante de 2 000 à 4 000 adhérents.

 
 
- 28 avril 2010 © CFDT

Pour un retour du long terme dans la gouvernance des entreprises.

Tribune de la Fédération générale des mines et de la métallurgie publiée le 18 mars.

Le fonctionnement du capitalisme a fondamentalement changé avec la mondialisation et la financiarisation des entreprises, dont la gouvernance s’est radicalement modifiée. Le court terme s’est imposé, pour satisfaire d’abord les intérêts immédiats d’actionnaires très souvent non actifs dans la gestion de l’entreprise, y compris au détriment de l’entreprise elle-même. Les risques économiques incombant à l’entrepreneur sont largement transférés sur les salariés, notamment avec la distanciation des périmètres, juridiques et réels, de l’entreprise élargie qui éclate le salariat : donneurs d’ordre et sous-traitants, précaires et noyau dur…

L’entreprise n’est pas simplement une société de capitaux, propriété des actionnaires. Le droit des différents pays d’Europe reconnaît qu’il existe un intérêt propre de l’entreprise, distinct de celui des actionnaires : “l’intérêt social”. Ce qui compte, c’est qui gouverne l’entreprise et s’il le fait dans l’intérêt à long terme des salariés, de l’entreprise elle-même et de son environnement naturel et sociétal. La gouvernance des entreprises, s’inscrit alors dans un autre concept, plus large, de responsabilité sociale des entreprises, qui est elle-même la déclinaison, dans l’entreprise, du développement durable.

Une alternative à la conception capitaliste de la propriété de l’entreprise, est possible. C’est une conception partenariale de la gouvernance, à laquelle participent alors les différentes parties prenantes de l’entreprise (salariés, collectivités locales, sous-traitants et fournisseurs…) qui, à des titres divers, s’impliquent dans les résultats de l’entreprise et peuvent être affectées par ses choix. Les syndicalistes sont à la fois partie prenante interne (en tant que représentants des salariés) et externe (en tant qu’organisation syndicale à l’échelle de la branche, du territoire – national, européen ou mondial).

Il nous faut inventer de nouvelles régulations économiques et sociales, de nouveaux outils de progrès et de démocratie sociale, internes et externes à l'entreprise. Les salariés peuvent être eux-mêmes acteurs de cette régulation, par la place qui peut être la leur dans la gouvernance des entreprises, pour un retour du long terme dans sa gestion. Leurs leviers sont multiples : présence d’administrateurs salariés, orientation de l’épargne salariale et des fonds sociaux vers l’investissement socialement responsable, renforcement des Institutions représentatives du personnel, développement de la Responsabilité sociale des entreprises… Les entreprises ont de nouvelles sensibilités : leur réputation, leur image, qui constituent un rapport de forces favorable à leur égard.

L’enjeu reste un enjeu de pouvoirs, dépendant de rapports de forces, quelle que soit la forme du capitalisme. La crise de 1929 a généré l’intervention des pouvoirs publics dans le pilotage économique, puis l’État-providence. La crise actuelle marquera-t-elle le passage à une nouvelle étape, plus respectueuse de l’humanité et de son environnement ? C’est en tout cas ce vers quoi nous devons tenter d’avancer.

 
 
- 28 avril 2010 © CFDT