La journée du 8 juin

Les militants ont relevé les défis de la mandature

Crise, représentativité, réforme générale des politiques publiques (RGPP) et réforme des retraites étaient au cœur des interventions des syndicats, alternant analyse de fond et témoignages.

Interventions des syndicats sur le rapport d'activité © Thierry Nectoux Tous droits réservésGrenoble nous engageait à agir dans un monde en mutation. Mais, de mémoire de syndicaliste, rarement mandature aura subi tant de bouleversements ! À travers la centaine d’interventions en lien avec le rapport d’activité (que vous pouvez revoir intégralement en différé), les militants en ont dressé les contours, les batailles gagnées et les lacunes à combler. Autant dire d’emblée que «la feuille de route était copieuse», et «la crise n’allait pas tarder à rappeler toute la pertinence des choix à opérer». Mais pour le syndicat Banques et opérations financières d’Île-de-France, «seule une organisation syndicale comme la nôtre pouvait dans le même temps condamner les abus et proposer des solutions, le tout dans une proximité retrouvée avec les salariés». L’instauration du Fonds d’investissement social, l’accord pour les chômeurs en fin de droits ou la philosophie du “former plutôt que licencier” ont, de l’avis général, largement contribué à amortir le choc de la crise pour les salariés. Globalement, «les mesures de sécurisation des parcours professionnels sont la première étape dans la nouvelle architecture du monde du travail», résume l’Unoion régionale interprofessionnelle (Uri) Provence-Alpes-Côte d’Azur dans son intervention.

C’est donc dans cette nouvelle architecture que la réforme de la représentativité a fait son apparition. Voulue pour donner une nouvelle légitimité à l’action collective, «elle est devenue, après les 35 heures, une bataille identitaire de la CFDT». Sa pertinence est aujourd’hui largement reconnue, même si des craintes demeurent. «Les implantations syndicales sont rendues difficiles par les nouvelles règles de la représentativité. Les salariés hésitent à prendre des mandats, et il nous faudra du temps pour en mesurer les effets», expliquent les Services du Bas-Rhin. Si le bilan reste à faire, et la «vigilance de mise face à des syndicats aux abois qui jouent leur peau dans cette bataille», personne ne conteste aujourd’hui combien cette réforme appelle une évolution des pratiques militantes. «Désormais, c’est le salarié qui fait la CFDT, et pas seulement la CFDT qui fait pour le salarié. Gagner ou perdre la représentativité nous impacte à tous les niveaux.» Encore faut-il qu’elle s’applique à tous les salariés, y compris ceux des petites entreprises. «Il est impératif de percer le rideau défensif du gouvernement et du patronat sur les TPE-PME et de se faire respecter», insiste le syndicat Chimie-Énergie Adour-Pyrénées.

Côté regrets, car il y en a toujours, les syndicats ont souligné le retard à l’allumage de la CFDT quant à sa réactivité sur la réforme générale des politiques publiques. «La réaction de la CFDT a d’abord résidé en une critique de forme sur le manque de consultation, puis nous avons lu avec satisfaction que la RGPP consistait en une vision comptable de la réforme de l’État», explique le syndicat des Finances et affaires économiques de Lorraine. Dans cette restructuration de l’État sans précédent, «la gestion des ressources humaines, pilier de l’action syndicale, aurait dû être le contrepoint indispensable à cette réforme, sacrifiée au nom de la logique du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux», estime Interco. Déviée de ses objectifs initiaux par un gouvernement «soucieux de bien se faire voir par les agences de notation», cette réforme comptable installe la souffrance, en demandant aux agents de faire vite avec moins. «Nous assistons depuis plusieurs années à une hypercentralisation déconcentrée. Il y a une forte résistance du secteur public, que la RGPP a repris en main par une approche comptable de l’emploi public», témoigne la fédération Santé-Sociaux

Dans cette vision d’un dialogue social trop souvent bafoué par un gouvernement «décidé à mener ces réformes au pas de charge », et avec « des regards braqués sur nous en cette période de congrès», les syndicats sont massivement revenus sur la réforme des retraites qui se profile. «Là où la question des retraites est une équation à plusieurs inconnues, la retraite à la carte est-elle possible sur des bases communes ?», s’interroge le syndicat Métallurgie du Lot-et-Garonne. «Ce qui s’est passé a prouvé que nous avions raison en 2003», affirment haut et fort les syndicats. «Nous avons su valoriser au cours des dernières années les carrières longues, mais nous sommes toujours redevables aux salariés d’avancées concrètes sur des questions majeures comme la pénibilité ou l’emploi des seniors.»

Bruno Duchemin de la FGAAC © Thierry Nectoux Tous droits réservésLa Fgaac se sent bien dans la CFDT

L’une des interventions les plus applaudies à propos du rapport d’activité aura été celle de Bruno Duchemin au nom de la Fgaac-CFDT. Le plus ancien syndicat de France a rejoint le CFDT à la suite de la loi sur la représentativité. Comme l’explique Bruno, «les adhérents de la Fédération générale autonome des agents de conduite ont fait le choix de rejoindre la CFDT pour ne pas se retrouver isolés, d’autant qu’ils se reconnaissaient dans le pragmatisme et la volonté de négociation de la CFDT». L’arrivée de la Fgaac a permis de constater que «les salariés apprécient l’intégration d’un syndicat professionnel au sein d’une grande organisation confédérale ; les nombreuses adhésions actuelles démontrent l’attrait d’un syndicalisme qui articule intérêts général et professionnel». En effet, «pour la CFDT, les différences entre les individus ne divisent pas la société mais, au contraire, enrichissent. Voilà pourquoi la Fgaac se sent bien au sein d’une CFDT qui intègre les différences dans un collectif qui valorise chacun.»
Et Bruno Duchemin – après avoir remercié les délégués pour «l’accueil chaleureux, à l’image de celui qu’avait réservé le dernier congrès de la Fgaac [ayant entériné l’adhésion à la CFDT] à François Chérèque» – de clore son intervention sous les applaudissements nourris de la salle par un retentissant «vive la CFDT!»

Porteurs de mandats, à vos boîtiers !

Le boitier servant au vote électronique © Thierry Nectoux Tous droits  réservésÉco-congrès oblige, et pour un gain de temps non négligeable – le temps gagné lors des opérations de vote peut ainsi être alloué aux interventions et aux débats –, les votes sur les textes (rapport d’activité, charte informatique et financière, amendements et résolution) ont été dématérialisés. Les porteurs de mandat(s) votent donc directement dans la salle grâce à un boîtier électronique audité et certifié, ce qui offre une totale garantie, outre une quasi-instantanéité des résultats, contre la falsification des votes.

Le congrès en différé sur la Web-TV

· Fin des interventions des syndicats sur le rapport d'activité (mardi 8 juin, 17h30-19h30) 
· Suite des interventions des syndicats sur le rapport d'activité (mardi 8 juin, 14h-17h) 
· Suite des interventions des syndicats sur le rapport d'activité (mardi 8 juin, 11h-12h30)
· Suite des interventions des syndicats sur le rapport d'activité (mardi 8 juin, 8h30-10h30)

· Suite des interventions des syndicats sur le rapport d'activité (lundi 7 juin, 17h30-19h30)
· Début des interventions des syndicats sur le rapport d'activité (lundi 7 juin, 15h30)

Pour voir (ou revoir) la retransmission en différé de l'intégralité des cinq jours de débats et de “La Minute du congrès”, rendez-vous sur la Web-TV.

Tous les textes sur le rapport d'activité

· La réponse de François Chérèque (format PDF, 332 Ko)
· La liste des 167 intervenants (format PDF, 152 Ko)
· La présentation par François Chérèque (format PDF, 250 Ko)
· Le rapport d'activité (format PDF, 12 Mo)

Les articles de CFDT Magazine

• Rapport d'activité : des engagements tenus dans une société en mutation
• Interventions des syndicats : une CFDT rassemblée
Consulter les articles du Magazine n°365 de juillet/août 2010 (format PDF, 1,14 Mo)

 
 
Anne-Sophie Balle - 06 juillet 2010 © CFDT

Une 2e journée consacrée aux interventions des syndicats sur le rapport d'activité

Rarement une mandature aura été aussi dense et aussi intense ! Tel a été le sens de très nombreuses interventions faites à la tribune lors de cette deuxième journée de congrès consacrée au rapport d’activité. (À Tours, mardi 8 juin à 20 heures)

Débat sur le rapport d'activité © Patrick Gaillardin Tous droits 
réservésCes quatre années écoulées depuis Grenoble auront en effet été marquées par une actualité plus que chargée, tant du fait de la crise économique mondiale que du fait de la « frénésie réformatrice du gouvernement », comme l’a rappelé Marie-Odile Esch, secrétaire générale de la fédération Interco. Mais dans cette période, « la CFDT a été à la manœuvre », s’est félicité Pascal Catto, de l’Union régionale interprofessionnelle (Uri) Nord-pas-de Calais, à l’instar d’un très grand nombre d’intervenants, qui ont souligné les nombreux acquis obtenus par la CFDT dans la période : accord sur la modernisation du marché du travail, sur la formation professionnelle, sur l’assurance chômage... Accords qui ont permis de construire de nouveaux droits pour les salariés, et notamment les plus précaires. La grande majorité des intervenants ont dressé le portrait d’une CFDT mobilisée contre les effets de la crise, innovant pour apporter des réponses concrètes aux salariés (comme avec le FISO), tout en restant « fidèle à ses engagements de Grenoble ». « Notre syndicalisme a été mis à l’épreuve des faits», comme l’a souligné Alain Gatti, secrétaire général de l’Uri Lorraine. Avec un succès certain, à en juger la tonalité des interventions, comme celle du Syndicat énergie chimie de Vendée, qui a rappelé que « les équipes CFDT ont su se mobiliser pour éviter les licenciements ».

Pour autant, si l’essentiel des interventions a porté une appréciation positive sur l’action de la CFDT pendant la mandature, plusieurs militants sont montés à la tribune pour faire part de leurs critiques, de leurs inquiétudes ou de leurs attentes vis-à-vis de l’organisation, parfois très fortes, notamment concernant la RGPP (révision générale des politiques publiques), dont l’élaboration purement comptable entraine le délitement des services publics. D’autres sujets d’interrogation ont pu poindre, concernant par exemple l’évolution du fonctionnement de l’organisation, dans la suite au « rapport Grignard » : Oser le changement, et plus spécifiquement sur l’articulation entre les sections syndicales dans les entreprises et les syndicats.

La journée aura également été marquée par la montée au créneau de plusieurs unions de retraités pour défendre leur place dans l’organisation, Michel Devacht, secrétaire général de l’Union confédérale des retraités (UCR) allant jusqu’à demander une place au Bureau national. Mais si les critiques n’ont pas été absentes des débats, elles se sont exprimées « dans un climat d’écoute et de respect qu’on n’avait jamais connu », comme l’a indiqué Hervé Garnier, secrétaire national, lors d’un point avec la presse. « C’est bien le signe de l’évolution de notre organisation, de sa cohérence, dans un climat apaisé. »

Le congrès en différé sur la Web-TV

Fin des interventions des syndicats sur le rapport d'activité (mardi 8 juin de 17h30 à 19h30) 
Suite des interventions des syndicats sur le rapport d'activité (mardi 8 juin de 14h à 17h) 
Suite des interventions des syndicats sur le rapport d'activité (mardi 8 juin de 11h à 12h30)
Suite des interventions des syndicats sur le rapport d'activité (mardi 8 juin de 8h30 à 10h30)

Pour voir (ou revoir) la retransmission en différé de l'intégralité des cinq jours de débats et de “La Minute du congrès”, rendez-vous sur la Web-TV.

Les textes sur le rapport d'activité

· La liste des 167 intervenants (format PDF, 152 Ko)
· La présentation par François Chérèque (format PDF, 250 Ko)
· Le rapport d'activité (format PDF, 12 Mo)

 
 
Emmanuelle Pirat À Tours, mardi - 08 juin 2010 © CFDT