Les grands défis à relever au cours de la nouvelle mandature
En ouverture, Laurent Berger, rapporteur de la résolution, observe que 2010 paraît très loin de 2006, lorsque le chômage était orienté à la baisse. Oui, la crise est là, avec ses conséquences catastrophiques pour de nombreux ménages. Pourtant, sans imaginer ce qui allait arriver, «nous dénoncions déjà à Grenoble les dérives du capitalisme financier, un mode de développement inégalitaire». Ce cap, «nous le tenons désormais dans la tempête».
Il s’agit maintenant «d’affronter les quatre grands défis de notre temps»: l’avenir de la planète et de l’économie mondiale, le recul des inégalités, le bien-être au travail avec la sécurisation des parcours professionnels et, enfin, «le défi de l’avenir du capitalisme». Dans cette optique, la CFDT «veut que le syndicalisme ait sa place dans le chantier de la régulation européenne et mondiale». Réguler l’économie en visant un développement durable, c’est aussi agir dans l’entreprise, combattre le salaire exorbitant de certains dirigeants, valoriser la représentation des salariés pour responsabiliser les donneurs d’ordre, faire correspondre l’activité de l’entreprise à des critères sociaux et environnementaux, de formation des salariés, de renforcement de la négociation collective. «C’est ainsi que nous entendons reconstruire le pacte social.»
Rétablir un impôt juste. Il faut également agir sur la fiscalité afin d’inverser la tendance à l’œuvre «depuis deux décennies, avec l’objectif de diminuer le poids de la fiscalité indirecte et de rétablir un impôt sur le revenu qui soit juste, vraiment progressif, réellement redistributif, sans pour autant fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG. Il est normal et juste que les riches paient plus. Tout le monde doit participer équitablement au bien public.»
Justement, le bien public, «ce sont aussi des services publics efficaces et accessibles». Ils doivent participer à l’égalité entre tous en offrant à chacun un accès à l’éducation, à la culture, au logement, aux transports, à la sécurité, à la justice, à l’insertion – où que l’on se trouve sur le territoire national. «Égalité et cohésion sociale : voilà pourquoi la CFDT défend les services publics», et veut en améliorer l’adéquation avec les besoins des citoyens. En ce sens, «la CFDT s’oppose à toute gestion purement comptable des services et de l’emploi publics».
«Rebâtir notre pacte commun», c’est enfin renforcer la protection sociale. Vieux de plus d’un demi-siècle, nos systèmes sont souvent inadaptés à la réalité et aux risques nouveaux. «Ces systèmes vont parfois jusqu’à faire de la redistribution à l’envers», souligne Laurent Berger, «en donnant plus à ceux qui ont déjà plus, en en laissant d’autres passer au travers des mailles du filet». Il est donc urgent, en partant de la réalité de tous les salariés, d’adapter l’organisation et le financement de nos protections sociales dans le dessein de les pérenniser.
L'appel à une mobilisation renforcée. La légitimité de l’action syndicale, c’est bien sûr l’action sur le travail et l’emploi. Les Français se révèlent très attachés à la valeur travail, facteur d’épanouissement, «et pourtant ils sont les premiers déçus de leur travail». En cause, le «court-termisme» des politiques de gestion, des objectifs de performance «très restrictifs» et des pressions «qui génèrent des dégâts physiques et psychiques en progression constante». À l’émiettement des collectifs de travail répondent les souffrances dites «individuelles, quand on ne parle plus de “ force de travail ” mais de “ compétences personnelles ”». Ainsi, «tout ce qui était commun et désormais vécu comme personnel».
C’est donc à une mobilisation renforcée qu’appelle la CFDT, qui veut «comprendre les salariés dans ce qu’ils sont, dans leur rapport intime au travail» et leur «montrer qu’ils ne sont pas seuls». «Nous allons reconquérir le travail dans ce qu’il a de plus concret, de plus quotidien», déclare Laurent Berger, sous les applaudissements des congressistes. «Nous voulons ouvrir des espaces de parole pour rompre l’isolement» et pour que les salariés «construisent avec nous, mais aussi entre eux, leurs réponses». Il appelle à multiplier les initiatives à destination des jeunes et des femmes.
Bien sûr, prévient-il, «rien n’est facile, rien n’est évident». «C’est l’implication de tous qui nous fera avancer.» Pour cela, «tâchons de rester cette CFDT soudée et innovante, solide sur ses fondamentaux, efficace et attentive aux salariés». C’est bien tout cela, «reconstruire l’avenir avec les salariés».
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Le congrès en différé sur la Web-TV · Intervention de John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats et présentation du projet de résolution générale «Reconstruire l'avenir avec les salariés» par Laurent Berger, secrétaire national (mercredi 9 juin de 15h45 à 17h) Pour voir (ou revoir) la retransmission en différé de l'intégralité des cinq jours de débats et de “La Minute du congrès”, rendez-vous sur la Web-TV. |
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Les textes sur la résolution
· La résolution adoptée (format PDF, 6,11
Mo) |
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Les articles de CFDT Magazine
· L'orientation pour 2010-2014 : reconstruire le pacte social |
