Cet article a été imprimé depuis le site CFDT 47e congrès (Tours ; 7-11 juin 2010) (http://www.cfdt-congres-2010.fr)
Une équipe dans les starting-blocks
En cette matinée d’avril, il flottait dans l’air tourangeau plus que la douceur du printemps retrouvé. On sentait un enthousiasme perceptible dès la gare, où une trentaine de militants revêtus de chasubles orange étaient venus accueillir François Chérèque. Aux cris de «La CFDT, c’est d’la vitamine C», les militants de l’Union régionale interprofessionnelle de la région Centre ne cachaient pas leur fierté de recevoir le secrétaire général, venu les rencontrer à un mois et demi du congrès. Il a trouvé une équipe gonflée à bloc. Visiblement, l’heure n’est pas encore au stress. Et pourtant, pour l’équipe régionale, la tâche n’est pas mince. «Pour nous, qui sommes une “petite” région, l’organisation d’un tel événement représente un vrai challenge. Nous y travaillons depuis un an et demi», résume Philippe Poudrai, secrétaire général de l’Uri Centre, qui assure la coordination entre le comité d’organisation confédéral et le comité de pilotage régional. Car si la Confédération assure une grande partie des préparatifs, l’équipe régionale a été chargée de la logistique et de la sécurité des 2400 personnes présentes dans le centre Vinci durant toute la semaine du congrès.
Mobilisation spontanée. «L’organisation d’un congrès est une opération colossale, du point de vue syndical, bien sûr, mais aussi du point de vue technique, logistique et organisationnel», confirme Patrick Guyot, membre du comité de pilotage confédéral. Pas moins de 250 militants et adhérents de la région Centre ont donc été spécialement mobilisés et seront à pied d’œuvre tous les jours, dans l’enceinte du Vinci. «Nous avons été surpris par la mobilisation spontanée des militants et des adhérents qui ont proposé de contribuer à l’organisation. Alors que nous demandions une totale disponibilité pendant les 5 jours du congrès, nous avons dû refuser des candidatures», indique Guy Sienneau, secrétaire général de l’Union départementale de l’Indre-et-Loire et pilote du comité régional d’organisation. Parmi les volontaires, dont une bonne moitié de femmes, certain(e)s ont pris sur leur temps syndical… mais d’autres ont déposé des congés pour pouvoir vivre ce temps fort. «Participer à l’organisation d’un congrès, c’est une expérience qu’on ne vit qu’une fois dans sa vie de militant»
, se réjouit Laurence Debard, secrétaire administrative à l’Union départementale du Loiret. «Quand Philippe m’a demandé de faire partie du comité d’organisation, je ne me suis pas posée de question: je devais y être !».
À entendre les militants, l’heure n’est pas à l’économie de soi, mais au contraire, à l’implication. Les mots «fierté», «gratifiant», «magnifique», «fort» émaillent leurs propos… «On sait que, du fait des débats sur les retraites, ce congrès sera très suivi, et certainement marquant. On pourra dire à nos petits-enfants: J’y étais!»
, s’enflamme Patrick Soidet, secrétaire général de l’union départementale de l’Indre.
«Si j’ai choisi de m’investir dans la préparation, c’est parce que cela donne une ouverture et une autre dimension à notre travail syndical, souligne Marie-Odile Chauvin, déléguée du syndicat SIPS du Centre (qui dépend de la fédération Santé-Sociaux). D’habitude, on est chacun dans notre coin, dans nos entreprises. Là, c’est l’occasion d’échanger avec des personnes d’autres secteurs professionnels. Cela crée une dynamique intéressante».
Cinq secondes par badge. L’ampleur de la tâche qui attend ces 250 volontaires ne semble pas les effrayer. Durant toute la semaine du congrès, ils seront les premiers sur les lieux, dès 6h45, et les derniers partis, vers 21heures. Premier challenge de la journée : vérifier les badges des 2400 congressistes à l’aide d’une «douchette» à lecture optique et faire entrer tout ce beau monde en moins d’une heure trente. Un couac à ce premier stade de l’organisation, et c’est tout l’ordre du jour qui pourrait être retardé. «Pendant ces 5 jours, vous aurez à accueillir, organiser et sécuriser, guider les congressistes, afin d’assurer les meilleures conditions de déroulement des débats du congrès», rappelle Michel Mérat, pilote de l’ensemble de l’organisation du congrès. Autant dire que les temps morts seront rares: du matin au soir, ils devront scanner les badges d’accès aux différents espaces (grand amphi réservé aux débats, salle de presse, espace VIP, etc.), orienter les congressistes en fonction de leur statut (délégués, invités, journalistes, etc.), mais aussi les guider dans cet immense et complexe navire qu’est le centre Vinci (26000m2 répartis sur 5 niveaux), veiller à ce que les temps de repas et de pause soient respectés, pour ne pas retarder les débats…
Éco-congrès oblige, les congressistes n’auront plus à présenter de ticket-restaurant pour accéder aux espaces de restauration, mais devront passer leur badge à la lecture optique. «5 secondes par congressiste», précise Michel. Tout le monde devra déjeuner en 1h30. Pour peaufiner la préparation, une journée de test grandeur nature a été organisée le 13 avril dernier. Deux nouvelles répétitions générales sont prévues courant mai.
Bienvenue dans le navire. «Il va falloir qu’on apprivoise un peu mieux les lieux, car pour l’instant, on a du mal à se repérer !», note une militante, un peu désorientée au milieu des nombreux escalators qui relient les niveaux du centre Vinci. Mais beaucoup le reconnaissent : l’œuvre de Jean Nouvel, magnifique et gigantesque navire d’acier et de verre, est une structure «difficile à appréhender»... qui a donné du fil à retordre à l’équipe d’organisation. Notamment pour gérer les déplacements aux moments charnières de la journée (pauses, repas), lorsque des flots entiers de congressistes s’écouleront hors de la salle des débats pour rejoindre les autres espaces du bâtiment, tels que le bar, l’espace réservé aux stands des partenaires, ou l’espace fumeurs… Ou au contraire pour revenir au grand amphi au moment des reprises des travaux. «Pour chaque couloir, on a estimé le nombre de personnes pour organiser les flux. Il faut que tout se déroule de la manière la plus fluide possible pour les participants», indique Didier Nevoux, membre du comité de pilotage régional, qui se dit «confiant». Si la pression risque de monter d’un cran à l’approche du 7 juin, pour l’instant, l’enthousiasme prime. Comme le résume un militant : «On est impatient d’y être.»
La galerie photos
Quelques-uns des militants du comité de pilotage de la région Centre, chargé de la logistique et de la sécurité du 47e congrès, en images.





