Cet article a été imprimé depuis le site CFDT 47e congrès (Tours ; 7-11 juin 2010) (http://www.cfdt-congres-2010.fr)
Vesselin Mitov de Podkrepa (Bulgarie)
« Le grand rêve du peuple bulgare de réintégrer l’Union européenne s’est réalisé au 1er janvier 2007 après un demi-siècle de régime communiste totalitaire. Le pays n’était pas vraiment prêt pour cette intégration sur les plans économiques et financiers.
Ce fut une décision politique. Ceux qui pensaient que l’Union apporterait immédiatement la prospérité et un modèle social performant ont perdu un peu de leurs illusions. Les choses, les lois évoluent mais cela exige du temps. On ne peut pas parvenir au niveau de développement de l’Europe de l’Ouest en trois ans.
De plus, la crise frappe durement la Bulgarie. Nous avions une croissance de 6 à 7 % par an tirée par les secteurs du bâtiment, de la construction, des services et du tourisme. L’Italie, la Grèce et l’Allemagne ont beaucoup investi dans le pays. Mais tous ces secteurs ont été touchés. Le bâtiment et la construction ont chuté de 40 % l’an passé. Le chômage est officiellement de 10% mais avoisine plus vraisemblablement les 15%. En raison de la crise, un million et demi de Bulgares vivant à l’étranger sont rentrés au pays accentuant davantage la pression sur le marché du travail.
Pour autant, la Bulgarie est bien dans l’Union européenne et certaines choses avancent. Les syndicats luttent depuis longtemps contre la corruption. Ils ont dénoncé des privatisations frauduleuses d’entreprises d’État. 84 % de l’économie a été privatisée en 15 ans.
Mais depuis 2009, le gouvernement de centre droit de Boyko Borissov s’active, lui aussi, contre la corruption. Pour la première fois depuis 20 ans, on a vu d’anciens ministres corrompus trainés devant les tribunaux et envoyés en prison. C’est une réelle avancée et cela a permis le déblocage de fonds européens. »