Cet article a été imprimé depuis le site CFDT 47e congrès (Tours ; 7-11 juin 2010) (http://www.cfdt-congres-2010.fr)
Didier Guénant-Jeanson de l’Usoenc (Nouvelle Calédonie)
« Depuis 2006, l’Usoenc met l’accent sur la lutte contre la vie chère. Une étude de 2008 du cabinet Syndex sur les coûts et les prix montrent que les marges réalisées en Nouvelle Calédonie sont bien supérieures à celles de la métropole. C’était connu du monde économique mais cela a montré l’origine des dysfonctionnements. De plus, l’économie n’est pas contrôlée. Les lois imposant aux entreprises de déposer leurs comptes au tribunal de commerce ne sont pas respectées, pas plus que les amendes infligées pour le non respect de cette règle ! Il existe au moins de 15 taxes à l’entrée sur le territoire protégeant des marchés locaux. L’Usoenc veut une réforme de la fiscalité directe et indirecte par l’instauration d’une TVA, d’une CSG et la mise en place d’un service de contrôle.
Par ailleurs, l’économie calédonienne connait une croissance importante, de l’ordre de 4 à 5 % par an. En 2009 avec la crise, elle est tombée à 3 %. Nous avons signé deux accords importants récemment. Le premier vise à augmenter le salaire minimum de 21 % en 3 ans, il passera de 125 000 (1100 €) à 150 000 francs CFP. Le second touche les bas salaires en général qui progresseront de 15 % en 3 ans.
En 2014, le débat politique sur l’indépendance sera à nouveau au premier plan. Tous les pouvoirs auront alors été transférés, à l’exception des pouvoirs régaliens (armée, justice, monnaie, police). Nous plaiderons pour une solution durable. En attendant, l’Usoenc poursuivra sa lutte pour l’instauration d’une redevance nickel sur chaque tonne de minerai extraite.
En 15 ans, les installations (ports, usines, centrales électriques) liées à cette activité se seront multipliées par trois. Pour nous, elle devrait alimenter un fonds dédié à deux objectifs. 50 % iraient aux générations futures, le minerai n’étant pas inépuisable et les 50 autres à l’équipement du territoire et à la protection sociale. Tout le monde est d’accord avec notre proposition, mais en Calédonie, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle, la preuve en est que notre proposition n’avance pas. »