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Cet article a été imprimé depuis le site CFDT 47e congrès (Tours ; 7-11 juin 2010) (http://www.cfdt-congres-2010.fr)

Une CFDT renforcée pour « reconstruire l'avenir avec les salariés»

Et l’amendement n°12 fut rejeté à 58,9%. Pour nombre d’observateurs, le moment fort de ce 47e congrès restera, à n’en pas douter, la validation de la possibilité de «fixer les conditions de l’augmentation de la durée de cotisation». Ce qui a fait dire à François Chérèque, lors de son discours de clôture, que «ce congrès était attendu. Ceux qui l’ont attendu ont eu raison d’attendre». En effet, si les retraites ont été un moment marquant, et pour cause, le secrétaire général, réélu à plus de 95%, n’a pas manqué de rappeler que, tout au long de la semaine, les interventions des syndicats ont «été le reflet des inquiétudes et des situations difficiles que vivent les salariés» ainsi que «l’écho du malaise que traversent les fonctions publiques».Il était donc normal qu’en phase avec «une société confrontée à des choix difficiles», dans la CFDT, «ces choix fassent aussi débat». La CFDT est sans doute la seule organisation syndicale qui peut se permettre de trancher de tels débats sans qu’il y ait «un camp qui gagne contre un autre». Au contraire, insiste François Chérèque : «Il y a deux gagnants : la démocratie et la CFDT, toute la CFDT.» Car, «fidèle à ses valeurs, à sa culture de responsabilité, la CFDT propose une vision de l’avenir porteuse de justice, de solidarité et d’espoir». Et c’est bien là tout le sens de la résolution, adoptée à 76,9%.

Les retraites, sujet éminemment délicat. Impossible de ne pas revenir sur la réforme des retraites, dont le spectre a plané sur le congrès (lire l'article). «Nous avons affirmé clairement quel était notre projet sur les retraites. Nous voulons une réforme globale, une réforme juste. Nous avons déjoué ensemble la volonté du gouvernement, qui, en distillant ces derniers jours des annonces provocatrices, a cherché à nous enfermer dans une opposition frontale. Il n’y a pas réussi.» Et le secrétaire général d’ajouter, sous un tonnerre d’applaudissements : «Le gouvernement prend de grands risques. Il maltraite la démocratie quand il agit à la hussarde. Il doit désormais comprendre qu’il ne peut pas lancer des réformes d’envergure sans les acteurs sociaux. Le patronat doit entendre qu’avec la CFDT, il a face à lui une organisation qui sait ce qu’elle veut et qui sait où elle va.»

Mettre le cap sur 2012. Pour être en mesure de relever «a mission qui est la nôtre : d’affronter la réalité, de refuser la résignation, de construire des réponses qui redonnent espoir aux salariés, espoir et confiance en l’avenir, espoir et confiance en l’Europe», le congrès a décidé de «relever le défi de notre avenir, l’avenir de la CFDT», s’est félicité François Chérèque. «Nous avons tiré les leçons de l’état du syndicalisme en France, de la réforme de la représentativité que nous voulions et de notre propre fonctionnement. Nous avons fait le choix d’ouvrir plusieurs chantiers : sur notre fonctionnement, sur nos pratiques, sur les moyens des syndicats pour qu’ils assument pleinement leur rôle. Et que nous construisions ensemble une CFDT plus proche des salariés.» Un adhérent à la CFDT n’étant pas exactement un salarié comme les autres, les services que va développer la CFDT doivent permettre de «trouver les moyens de mieux l’accompagner dans son parcours professionnel». Aucun doute que, selon le secrétaire général, «c’est une formidable invitation à innover, à expérimenter, à évaluer» avec, en point d’orgue en 2012, l’assemblée générale des syndicats pour tirer «les enseignements de ces initiatives».

Des vertus de l’éco-congrès. Enfin, depuis longtemps à la pointe dans le domaine, la CFDT a mis « le défi du développement durable au cœur de son congrès avec la tenue de tables rondes dont la richesse des débats a été soulignée par tous». C’est entre autres la raison pour laquelle le bilan carbone du congrès a été calculé (lire l'article), ce qui permet de lancer «une compensation de ces émissions de CO2 soutenant plusieurs projets : un projet de plantation d’arbres avec la mairie de Tours et un projet d’équipement en «foyers améliorés» de communautés villageoises au Sénégal».

À propos du défi environnemental comme pour tant d’autres, la CFDT ressort renforcée de ce congrès ; le cap est résolument donné par la résolution : «Reconstruire l’avenir avec les salariés»! 

Gaby Bonnand, un vrai ami de vingt ans

© CFDT Tous droits réservésL’émotion était palpable en plénière. Plus d’un congressiste a écrasé une larme lorsque François Chérèque a rendu un vibrant hommage à Gaby Bonnand, dont c’était le dernier congrès en tant que secrétaire national. Au-delà de la «référence morale et intellectuelle» qui lui a fait jouer un rôle essentiel au sein de la Commission exécutive, Gaby, «c’est une amitié de vingt ans», a indiqué le secrétaire général de la CFDT, qui laissait parler son cœur : «Gaby, c’est l’abnégation, la modestie, la discrétion et l’efficacité. Ce qu’il réussit, il fait tout pour faire croire que c’est grâce aux autres. Ceux qui ont travaillé avec lui savent de quoi je parle.»
© CFDT Tous droits réservésPour ceux-là comme pour François Chérèque, «son départ est un coup dur». Sa gentillesse et sa disponibilité sans faille, conjuguées à un caractère de bon vivant qui cache un bourreau de travail, ne sont pas pour rien dans l’unanime attachement que lui témoignent tous ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui. Un personnage ! «On ne peut pas l’oublier, comme nos amis bretons ne peuvent l’oublier, a plaisanté François Chérèque. Mais Gaby ne nous quitte pas vraiment. On a réussi à lui mettre un fil à la patte : c’est Monsieur le président de l’Unédic. Comme ça, il ne pourra pas nous oublier!»
En recevant un cadeau des mains de François – une photo prise par Pierre Collombert, le 20 mai 1968, dans les usines de Renault, à Flins, pendant un meeting spontané des ouvriers qui occupaient l’usine –, c’est Gaby lui-même qui a dû écraser une petite larme. Presque discrètement…


Merci aux organisateurs

Badges de différentes couleurs et «douchettes» resteront dans la mémoire des congressistes – tout comme le dévouement de toute l’équipe d’organisation et des dizaines de militants de l’Union régionale interprofessionnelle (Uri) Centre, qui se sont mis en quatre pour nous permettre de vivre pleinement ce congrès. Qu’ils en soient ici remerciés ! Et n’oublions pas de saluer (François Chérèque n’a pas manqué de le faire) l’excellent travail du comité d’organisation confédéral, du personnel administratif de la Confédération, du secrétariat confédéral et de tous les techniciens – ainsi que celui de l’équipe de Vinci et de l’Agence verte, sans qui ce congrès n’aurait pas conduit à la réussite qui est la nôtre.

Le congrès en différé sur la Web-TV

· Vote de la résolution générale et clôture du congrès par François Chérèque (vendredi 11 juin de 10h30 à 12h)

· «La Minute du congrès» du 11 juin, le journal quotidien de la rédaction en images.

Pour voir (ou revoir) la retransmission en différé de l'intégralité des 5 jours de débats et de toutes les minutes du congrès, rendez-vous sur la Web-TV.

Tous les textes en téléchargement

· L'allocution de clôture de François Chérèque (format PDF, 125 Ko)
· Le nouveau Bureau national et la nouvelle Commission exécutive (article)

· La résolution adoptée (format PDF, 6,11 Mo)
· La présentation de Laurent Berger (format PDF, 537 Ko)
· La liste des 22 amendements en débat (format PDF, 2,7 Mo)

Les articles de CFDT Magazine

· Allocution de clôture : une organisation qui sait ce qu'elle veut et où elle va
· Hommage à Gaby Bonnand : merci Gaby
· Éco-trophées : le Crédit coopératif lauréat
Consulter les articles du Magazine n°365 de juilet/août 2010 (format PDF, 2,66 Mo)

publié le 06 juillet 2010 par Nicolas Ballot

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