Cet article a été imprimé depuis le site CFDT 47e congrès (Tours ; 7-11 juin 2010) (http://www.cfdt-congres-2010.fr)
De la théorie aux bonnes pratiques
«Comment, dans une optique syndicale, faire exister le développement durable?», s’interroge, à l’instar de nombreux militants, Jean Garcia, délégué syndical central (DSC) CFDT de l’Institut géographique national (IGN). Quelle traduction concrète donner à un concept dont certains doutent de la volonté d’application de la part de directions d’entreprise qui se cantonnent au simple greenwashing (“blanchiment vert”)?
Lors du congrès, le 9 juin, deux tables rondes ont réuni des syndicalistes, Chantal Jouanno, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, et d’autres acteurs de la société civile pour débattre des pratiques en matière de développement durable. «Nous sommes passés de l’élaboration d’une charte de principes à la mise en place d’un comité de suivi réellement paritaire», a souligné Jean Garcia. Les thèmes du Grenelle de l’environnement ont été mis en œuvre sur tous les sites de l’IGN : plans de déplacement, gestion des déchets, bâtiments économes en énergie, responsabilité sociale envers la sous-traitance, achats durables, politique de formation… Si ce travail de concertation est perçu comme un “dada” de la CFDT par d’autres organisations syndicales, il reste très apprécié des salariés.
Un projet pédagogique à base d'Agenda 21. Sur le plateau de Millevaches, l’équipe CFDT du lycée Notre-Dame de la Providence à Ussel anime un projet pédagogique construit à partir d’un Agenda 21 (1). « Il est important que les élèves comprennent qu’il est possible d’agir, où que l’on soit », a fait observer Colette Thiéfaine, déléguée syndicale (DS) CFDT et coordinatrice du projet. Tri des déchets, fête du vent et fabrication d’une éolienne par les élèves de la section professionnelle, actions de solidarité afin d’offrir des années de scolarité à des enfants togolais, défilé de mode organisé en collaboration avec la boutique solidaire du Secours catholique à Ussel pour permettre à des familles en difficulté de partir en vacances… «Le développement durable comporte trois aspects : économique, social et environnemental. Nous avons choisi d’agir sur le social », témoigne Ugo Panucci, élève de 1re ES. «Il faut une bonne dose de conviction, d’utopie et de courage pour mener à bien un tel projet, s’enthousiasme Colette. Pour un enseignant militant à la CFDT, il n’est pas possible de penser aux générations futures sans aborder le développement durable !»
Changement de modèle de société. Appréhender les véritables enjeux du développement durable, c’est ce qu’a mis en exergue Valéry Momet, élu CFDT au CHSCT du groupe de chimie Solvay à Dole : «Il ne faut pas s’y tromper : ce n’est pas l’environnement qui fait peser un risque sur l’emploi, ce sont les modes de production.» Qui dit changement de modèle dit transition sociale, a mis en avant Christian Duchesne, du cabinet d’études Syndex. «La problématique ne peut être abordée de manière simpliste», a, pour sa part, souligné Marcel Grignard, remettant en question l’expression “emplois verts”. Le secrétaire général adjoint de la CFDT est intervenu lors de la seconde table ronde, au cours de laquelle il a évoqué les perspectives ouvertes par le Grenelle de l’environnement – avec Chantal Jouanno, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, Bruno Genty, président de France Nature Environnement (FNE), et Patrick Pélata, directeur général délégué aux opérations de Renault. «Le monde de demain, ce sont des emplois industriels et dans de nouveaux services, qui impliquent de forts développements technologiques et d’énormes besoins en matière de formation professionnelle», a précisé Marcel Grignard.
Selon Chantal Jouanno, «la crise nous ouvre peu à peu les yeux sur un nécessaire changement de modèle. Le danger serait que ce changement soit imposé par la contrainte». Les crises sont «souvent des périodes où les transitions s’accélèrent», a avancé Patrick Pélata ; elles constituent donc des opportunités en matière d’innovations techniques. Défendant l’idée du passage d’une économie «insupportable à une économie désirable», Bruno Genty a rappelé qu’il fallait s’interroger sur le véritable but de l’économie. C’est l’objectif du travail que la CFDT et FNE ont commencé à mener en partenariat. Bâtir de nouvelles modalités économiques qui créent des emplois sans détruire la biodiversité : tel est le défi à relever, qui ne pourra prendre corps que grâce à une nouvelle gouvernance au sein des entreprises, dont les salariés seront pleinement partie prenante.
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Le point sur l'Agenda 21 À la suite du Sommet de Rio (1992), et de la signature par plus de 150 chefs d'État d'un programme d'actions pour le XXIe siècle (il repose sur les trois piliers que sont l'action économique, le développement durable et la gestion économedes ressources naturelles), les collectivités locales ont été invitées à élaborer des plans d’action dans les secteurs où le développement durable doit s’appliquer, selon une démarche qui implique tous les acteurs locaux et s’appuie sur un diagnostic partagé. |
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Le congrès en différé sur la Web-TV • Séquence développement durable : «Engagements de différents acteurs sur des projets concrets de développement durable» (mercredi 9 juin, de 10h30 à 12h30) La retransmission en différé de l'intégralité des 5 jours de débats est en ligne sur la Web-TV du congrès. |