Cet article a été imprimé depuis le site CFDT 47e congrès (Tours ; 7-11 juin 2010) (http://www.cfdt-congres-2010.fr)
Les militants ont relevé les défis de la mandature
Grenoble nous engageait à agir dans un monde en mutation. Mais, de mémoire de syndicaliste, rarement mandature aura subi tant de bouleversements ! À travers la centaine d’interventions en lien avec le rapport d’activité (que vous pouvez revoir intégralement en différé), les militants en ont dressé les contours, les batailles gagnées et les lacunes à combler. Autant dire d’emblée que «la feuille de route était copieuse», et «la crise n’allait pas tarder à rappeler toute la pertinence des choix à opérer». Mais pour le syndicat Banques et opérations financières d’Île-de-France, «seule une organisation syndicale comme la nôtre pouvait dans le même temps condamner les abus et proposer des solutions, le tout dans une proximité retrouvée avec les salariés». L’instauration du Fonds d’investissement social, l’accord pour les chômeurs en fin de droits ou la philosophie du “former plutôt que licencier” ont, de l’avis général, largement contribué à amortir le choc de la crise pour les salariés. Globalement, «les mesures de sécurisation des parcours professionnels sont la première étape dans la nouvelle architecture du monde du travail», résume l’Unoion régionale interprofessionnelle (Uri) Provence-Alpes-Côte d’Azur dans son intervention.
C’est donc dans cette nouvelle architecture que la réforme de la représentativité a fait son apparition. Voulue pour donner une nouvelle légitimité à l’action collective, «elle est devenue, après les 35 heures, une bataille identitaire de la CFDT». Sa pertinence est aujourd’hui largement reconnue, même si des craintes demeurent. «Les implantations syndicales sont rendues difficiles par les nouvelles règles de la représentativité. Les salariés hésitent à prendre des mandats, et il nous faudra du temps pour en mesurer les effets», expliquent les Services du Bas-Rhin. Si le bilan reste à faire, et la «vigilance de mise face à des syndicats aux abois qui jouent leur peau dans cette bataille», personne ne conteste aujourd’hui combien cette réforme appelle une évolution des pratiques militantes. «Désormais, c’est le salarié qui fait la CFDT, et pas seulement la CFDT qui fait pour le salarié. Gagner ou perdre la représentativité nous impacte à tous les niveaux.» Encore faut-il qu’elle s’applique à tous les salariés, y compris ceux des petites entreprises. «Il est impératif de percer le rideau défensif du gouvernement et du patronat sur les TPE-PME et de se faire respecter», insiste le syndicat Chimie-Énergie Adour-Pyrénées.
Côté regrets, car il y en a toujours, les syndicats ont souligné le retard à l’allumage de la CFDT quant à sa réactivité sur la réforme générale des politiques publiques. «La réaction de la CFDT a d’abord résidé en une critique de forme sur le manque de consultation, puis nous avons lu avec satisfaction que la RGPP consistait en une vision comptable de la réforme de l’État», explique le syndicat des Finances et affaires économiques de Lorraine. Dans cette restructuration de l’État sans précédent, «la gestion des ressources humaines, pilier de l’action syndicale, aurait dû être le contrepoint indispensable à cette réforme, sacrifiée au nom de la logique du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux», estime Interco. Déviée de ses objectifs initiaux par un gouvernement «soucieux de bien se faire voir par les agences de notation», cette réforme comptable installe la souffrance, en demandant aux agents de faire vite avec moins. «Nous assistons depuis plusieurs années à une hypercentralisation déconcentrée. Il y a une forte résistance du secteur public, que la RGPP a repris en main par une approche comptable de l’emploi public», témoigne la fédération Santé-Sociaux
Dans cette vision d’un dialogue social trop souvent bafoué par un gouvernement «décidé à mener ces réformes au pas de charge », et avec « des regards braqués sur nous en cette période de congrès», les syndicats sont massivement revenus sur la réforme des retraites qui se profile. «Là où la question des retraites est une équation à plusieurs inconnues, la retraite à la carte est-elle possible sur des bases communes ?», s’interroge le syndicat Métallurgie du Lot-et-Garonne. «Ce qui s’est passé a prouvé que nous avions raison en 2003», affirment haut et fort les syndicats. «Nous avons su valoriser au cours des dernières années les carrières longues, mais nous sommes toujours redevables aux salariés d’avancées concrètes sur des questions majeures comme la pénibilité ou l’emploi des seniors.»
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L’une des interventions les plus applaudies à propos du rapport d’activité aura été celle de Bruno Duchemin au nom de la Fgaac-CFDT. Le plus ancien syndicat de France a rejoint le CFDT à la suite de la loi sur la représentativité. Comme l’explique Bruno, «les adhérents de la Fédération générale autonome des agents de conduite ont fait le choix de rejoindre la CFDT pour ne pas se retrouver isolés, d’autant qu’ils se reconnaissaient dans le pragmatisme et la volonté de négociation de la CFDT». L’arrivée de la Fgaac a permis de constater que «les salariés apprécient l’intégration d’un syndicat professionnel au sein d’une grande organisation confédérale ; les nombreuses adhésions actuelles démontrent l’attrait d’un syndicalisme qui articule intérêts général et professionnel». En effet, «pour la CFDT, les différences entre les individus ne divisent pas la société mais, au contraire, enrichissent. Voilà pourquoi la Fgaac se sent bien au sein d’une CFDT qui intègre les différences dans un collectif qui valorise chacun.» |
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Porteurs de mandats, à vos boîtiers !
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Le congrès en différé sur la Web-TV
· Fin des interventions des syndicats sur le rapport
d'activité (mardi 8 juin, 17h30-19h30)
· Suite des interventions des syndicats sur le rapport
d'activité (lundi 7 juin, 17h30-19h30) Pour voir (ou revoir) la retransmission en différé de l'intégralité des cinq jours de débats et de “La Minute du congrès”, rendez-vous sur la Web-TV. |
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Tous les textes sur le rapport d'activité
· La réponse de François Chérèque (format PDF, 332 Ko) |
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Les articles de CFDT Magazine
• Rapport d'activité : des engagements tenus dans une société en mutation |
La Fgaac se sent bien dans la CFDT
Éco-congrès oblige, et pour un gain de temps non négligeable – le temps gagné lors des opérations de vote peut ainsi être alloué aux interventions et aux débats –, les votes sur les textes (rapport d’activité, charte informatique et financière, amendements et résolution) ont été dématérialisés. Les porteurs de mandat(s) votent donc directement dans la salle grâce à un boîtier électronique audité et certifié, ce qui offre une totale garantie, outre une quasi-instantanéité des résultats, contre la falsification des votes.