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Cet article a été imprimé depuis le site CFDT 47e congrès (Tours ; 7-11 juin 2010) (http://www.cfdt-congres-2010.fr)

La stratégie CFDT confortée sur le dossier des retraites

Jean-Louis Malys © Thierry Nectoux Tous droits réservésÀ la CFDT, les débats à propos des retraites ne sont jamais comme les autres. Cette règle s’est vérifiée une fois encore au congrès de Tours. Particulièrement attendu par les militants, mais aussi par les nombreux journalistes présents dans la salle, le débat qui portait sur l’augmentation de la durée de cotisation s’est déroulé dans une ambiance survoltée. Lorsque l’amendement porté par le syndicat Interco de Seine-Maritime a finalement été rejeté à 58%, une partie de la salle s’est levée d’un bond en applaudissant à tout rompre et en se félicitant quant au résultat du vote.
L’enjeu était de taille pour la Confédération : le projet de résolution fixait les conditions d’une augmentation possible de la durée de cotisation, mais certains syndicats refusaient cette orientation et demandaient la suppression pure et simple de cet article. «Nous estimons que la CFDT n’a pas à donner un chèque en blanc [au gouvernement] en proposant une augmentation de la durée des cotisations, quelle que soit l’évolution de la négociation», a plaidé le syndicat Interco de Seine-Maritime. Il critiquait également «le manque de lisibilité de cet article» et ne souhaitait pas s’engager sur «la modification d’un paramètre plutôt qu’un autre».
Pour le syndicat des Métaux de Saint-Nazaire, qui est monté à la tribune demander le rejet de cet amendement, la durée de cotisation devait au contraire continuer à figurer dans la résolution pour les quatre prochaines années. «Nous avons eu raison en 2003 sur le paramètre de la durée de cotisation, a affirmé Marc Ménager, secrétaire général du syndicat. Il serait paradoxal que nous récusions aujourd’hui notre propre approche, au moment même où notre vision des retraites est de plus en plus largement partagée.»

Opter pour lasolution la plus juste. Selon les Métaux, s’il faut se battre pour le droit à partir à la retraite à 60 ans, la prise en compte de l’espérance de vie reste une exigence incontournable. «Le partage des gains d’espérance de vie entre travail et retraite est la solution la plus juste afin de préserver les intérêts des générations futures», a-t-il expliqué, sous les applaudissements de la salle.
De son côté, Jean-Louis Malys, secrétaire national chargé du dossier des retraites, a précisé la position de la Confédération : «La CFDT ne serait plus tout à fait la CFDT si elle se contentait de s’en tenir au refus, de dire “non”. Notre force, c’est de dépasser la contestation pour formuler de vraies propositions ! Notre force, c’est de ne jamais nier les réalités qui, de toute façon, nous rattrapent toujours au tournant.» Le résultat du vote a prouvé qu’il avait été entendu.

Les deux autres débats sur les retraites, beaucoup moins clivants, ont permis de constater que les syndicats soutenaient la position confédérale. Ils ont ainsi voté très majoritairement pour qu’une réflexion soit menée au sujet des conditions d’unification des régimes de retraite des salariés des secteurs public et privé, notamment pour mieux prendre en compte la situation des polypensionnés. De fait, le nombre de personnes qui cotisent à plusieurs régimes de retraite tout au long de leur parcours professionnel ne cesse de progresser – alors que l’actuel système de retraite ne tient presque pas compte de cette situation et à tendance à pénaliser les mobilités.

Enfin, les syndicats se sont prononcés, lors d’un débat technique, pour que les cotisations sur les salaires demeurent les éléments de base du financement de la retraite par répartition. L’amendement défendu par le syndicat des finances Bourgogne- ranche-Comté, qui préconisait d’intégrer les revenus financiers du capital au financement de base de la retraite par répartition, a été rejeté. «Il faut bien entendu faire participer tous les revenus (financiers ou du capital) au financement du système, a expliqué de manière pédagogique le secrétaire national Laurent Berger. Mais ces derniers doivent servir à financer les éléments de solidarité (droits familiaux, périodes d’inactivité…) et ne doivent pas être assimilés à des cotisations.»
En pleine réforme des retraites, menée au pas de charge par le gouvernement, sans aucune concertation, Jean-Louis Malys a bien précisé lors de son intervention que l’enjeu de ces votes n’était absolument pas de valider le projet du gouvernement. «Au contraire, le texte de la résolution nous met dans une position offensive et revendicative. Il permet de réaffirmer que nous rejetons la remise en cause du départ à 60 ans. Il nous situe dans une dynamique de réforme qui ne se contente pas de rafistolages continus. Il renforce nos exigences sur la pénibilité, l’emploi des jeunes et des seniors. Il démontre la cohérence de la démarche de la CFDT, en particulier en s’appuyant sur les acquis de 2003, que plus personne ne remet en cause.»
Avec ces trois votes sur les retraites, la CFDT sort renforcée de ce congrès, unie et mobilisée, pour peser face à un gouvernement qui veut faire du report de l’âge légal la pierre angulaire de sa réforme. Une mesure résolument jugée inacceptable par la CFDT.

Le congrès en différé sur la Web-TV

· Suite des débats sur le projet de résolution générale «Reconstruire l'avenir avec les salariés» : amendements 12 à 17 (jeudi 10 juin de 14h à 17h)

· La Minute du congrès du 10 juin, le journal quotidien de la rédaction en images.

Pour voir (ou revoir) la retransmission en différé de l'intégralité des cinq jours de débats et la “Minute du congrès”, le journal quotidien de la rédaction en images, rendez-vous sur notre Web-TV.

Les textes sur la résolution

· La résolution adoptée (format PDF, 6,11 Mo)
· La présentation de Laurent Berger (format PDF (537 Ko)
· La liste des 22 amendements en débat (format PDF, 2,7 Mo)

Les articles de CFDT Magazine

• L'orientation pour 2010-2014 : reconstruire le pacte social
• Procédure d'amendement : les syndicats débattent de l'orientation
Consulter les articles du Magazine n°365 de juillet/août (format PDF, 2,66 Mo)

publié le 06 juillet 2010 par Jérôme Citron

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